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Module 01 sur 1214 min

Comprendre le vibe coding

Ce qu’est vraiment le développement assisté par IA, où il excelle, et où il devient risqué.

Ce que vous allez apprendre

  • Définir précisément le vibe coding et ses trois niveaux
  • Comprendre pourquoi diriger l’IA diffère du développement classique
  • Identifier les projets où l’IA excelle et ceux où elle devient risquée
  • Distinguer concrètement un projet amateur d’un projet professionnel

Avant de toucher au moindre clavier, il faut comprendre ce que l’on fait réellement quand on « code avec l’IA ». Ce premier module pose les fondations mentales de toute la formation. Sautez-le, et vous risquez d’appliquer les bons gestes au mauvais moment. Prenez-le au sérieux, et tout le reste deviendra plus clair.

Le vibe coding, au-delà du buzzword

Le terme « vibe coding » est apparu début 2025. Il décrit une nouvelle façon de programmer : décrire ce que l’on veut en langage naturel, laisser l’IA générer le code, et avancer « au feeling », en guidant plutôt qu’en écrivant chaque ligne. L’image est séduisante — et c’est là qu’est le piège.

La définition populaire laisse entendre qu’on pourrait créer un logiciel sans jamais comprendre ce qui se passe. C’est vrai pour un brouillon jeté après une soirée. C’est faux, et même dangereux, pour tout ce qui doit durer. Pour éviter cette confusion, distinguons trois niveaux — vous vous situerez toujours dans l’un d’eux.

Niveau 1 — Le prototype jetable.
Vous testez une idée, vous montrez une maquette cliquable, vous validez un concept en une soirée. La qualité du code n’a aucune importance : il ne survivra pas. Ici, le vibe coding « pur » (je décris, l’IA code, je ne relis presque rien) est parfait. Exemple : « génère-moi une page qui affiche une citation aléatoire au clic » — inutile de soigner l’architecture.
Niveau 2 — Le projet personnel destiné à durer.
Un site vitrine pour votre activité, un petit outil que vous utiliserez chaque jour. Le code doit tenir plusieurs mois et évoluer sans casser. Le vibe coding « pur » ne suffit plus : il faut de la méthode, de la vérification, du contrôle de version. C’est le cœur de cette formation.
Niveau 3 — Le projet professionnel.
Un site client, un SaaS, une application qui gère de vraies données, des paiements, des utilisateurs. Le code doit être sécurisé, maintenable, performant, souvent repris par d’autres. L’IA reste un formidable accélérateur, mais la compétence humaine y redevient centrale.

L’erreur la plus coûteuse — nous la verrons revenir tout au long de la formation — consiste à appliquer les règles du niveau 1 à un projet de niveau 3 : générer « au feeling » ce qui exigeait une vraie conception, et découvrir trois semaines plus tard que l’édifice est impossible à faire évoluer.

Le vibe coding n’est pas « coder sans comprendre ». C’est déplacer son effort de l’écriture du code vers la direction et la vérification de l’IA. Plus le projet est sérieux, plus cette direction doit être experte.

Le changement de métier : de l’écriture à la direction

Dans le développement classique, la compétence rare était d’écrire le code : connaître la syntaxe, les API, les frameworks. C’était lent, et c’était le principal goulot d’étranglement. Avec Claude, ce goulot disparaît presque : le code se produit en quelques secondes. Mais retenez ce principe, il gouverne tout le reste :

L’IA génère du code, pas de la compréhension.

Claude peut écrire cent lignes justes, puis dix lignes contenant une faille de sécurité ou une erreur de logique — avec exactement la même assurance. Il ne « sait » pas qu’il s’est trompé, et il ne vous préviendra pas. C’est à vous, ou à quelqu’un pour vous, de le savoir.

L’analogie la plus utile pour toute la formation : travailler avec Claude, c’est encadrer un développeur junior surdoué et ultra-rapide. Il produit énormément, il connaît une quantité impressionnante de choses, mais il a besoin d’un cadre clair, d’instructions précises et d’une relecture systématique. Vous n’êtes plus l’ouvrier qui pose chaque brique : vous êtes le chef de chantier qui dirige et vérifie.

Conséquence directe : le nouveau goulot d’étranglement n’est plus la production, mais la revue. La compétence qui fait la différence n’est plus « savoir écrire une boucle », c’est « savoir lire un changement de code et juger s’il est bon ». Nous y consacrerons un module entier (Module 6).

Où l’IA excelle vraiment

Soyons enthousiastes : dans de nombreux cas, créer avec Claude est un véritable superpouvoir. Voici les terrains où il donne le meilleur — le point commun est toujours le même : un périmètre restreint et un faible coût d’erreur.

Prototypes et MVP.
Passer de l’idée à une version cliquable en quelques heures pour valider avant d’investir. Sans doute le meilleur usage qui soit : tester vite, apprendre vite, jeter sans regret.
Sites vitrines et landing pages.
Peu de logique complexe, un périmètre clair. Claude y est redoutablement efficace, surtout avec une stack moderne (Next.js, Tailwind) — c’est précisément ce que nous construirons.
Automatisations et petits scripts.
Renommer des fichiers, nettoyer un tableur, envoyer un rapport chaque matin : des outils personnels sans enjeu critique, idéaux pour le vibe coding.
Apprentissage et exploration.
Claude est un professeur particulier disponible en permanence, capable d’expliquer chaque ligne qu’il écrit — à condition de le lui demander (nous verrons comment).

Où le vibe coding devient risqué

À l’inverse, certains contextes transforment le « au feeling » en pari. Claude reste utile, mais l’y lâcher sans expertise humaine est une erreur. Pour chacun, notez le pourquoi : c’est ce qui compte.

Les systèmes qui manipulent argent ou données sensibles.
Pourquoi c’est risqué : la moindre faille a un coût réel — financier, juridique (RGPD), humain. Générer du code sans savoir en auditer la sécurité revient à construire une porte sans savoir si la serrure ferme.
Les projets à forte dette technique existante.
Pourquoi c’est risqué : l’IA a besoin de contexte pour bien travailler. Greffée sur un code déjà confus, elle reçoit un mauvais contexte et amplifie le désordre.
Les projets que personne ne peut relire.
Pourquoi c’est risqué : si ni vous ni personne ne peut juger la qualité du code, vous n’avez pas un logiciel, mais une dette invisible qui explosera au pire moment. Un site qui « marche » en démo peut être une bombe à retardement.

La bonne question n’est donc jamais « est-ce que Claude peut le faire ? » (il peut presque toujours produire *quelque chose*), mais : « suis-je capable de vérifier que ce qu’il produit est bon, sûr et durable ? » Toute la formation vise à vous rendre capable de répondre « oui » — et à reconnaître les cas où la réponse honnête est « pas seul ».

Amateur ou professionnel : la vraie différence

Un même site peut être « amateur » ou « professionnel » sans que cela se voie au premier coup d’œil. La différence ne tient pas à l’apparence, mais à ce qui se passe sous le capot et dans la durée. Ce tableau est une boussole que nous remplirons, ligne par ligne, tout au long de la formation :

DimensionProjet amateurProjet professionnel
Point de départ« Fais-moi tout le site »Cadrage, découpage en étapes (Module 3)
Contrôle de versionAucun, ou commits raresGit dès la 1re ligne, commits fréquents (Module 5)
Relecture du codeOn accepte sans lireChaque diff est relu et compris (Module 6)
SécuritéClés en dur, accès non vérifiésSecrets isolés, accès maîtrisés (Module 7)
TestsOn regarde si « ça s’affiche »Parcours critiques testés (Module 6)
DocumentationAucune — projet « boîte noire »CLAUDE.md, conventions à jour (Module 3)
MaintenanceLe projet se fige puis casseMises à jour, sauvegardes, évolutions (Module 9)

Aucune de ces colonnes n’est réservée aux experts : un débutant méthodique peut basculer dans la colonne de droite. C’est exactement l’objectif de cette formation. Mais vous verrez aussi, honnêtement, à quel moment certaines lignes (sécurité, architecture) demandent une vraie expertise — non pour vous décourager, mais pour que vous sachiez où sont les limites de ce que l’on fait seul.

À retenir

  • Le vibe coding, ce n’est pas coder sans comprendre : c’est passer de l’écriture à la direction et à la vérification de l’IA.
  • L’IA génère du code, pas de la compréhension : c’est à vous de juger si ce qu’elle produit est bon.
  • L’IA excelle sur les périmètres restreints à faible coût d’erreur, et devient risquée sur les données sensibles et les projets non relus.
  • La bonne question n’est pas « Claude peut-il le faire ? » mais « suis-je capable de vérifier ce qu’il produit ? ».

À vous de jouer

Situez votre projet

Avant de continuer, ancrez ce module dans votre réalité. Prenez cinq minutes et un carnet.

  1. Décrivez votre projet en une seule phrase (« un site vitrine pour mon activité de… »).
  2. Situez-le : niveau 1 (jetable), niveau 2 (personnel durable) ou niveau 3 (professionnel) ? Justifiez.
  3. Listez les données qu’il manipulera : aucune, des messages de contact, des comptes utilisateurs, des paiements ?
  4. Répondez franchement : « suis-je capable de relire et juger le code produit ? » Notez votre réponse — nous y reviendrons au Module 6.

Un projet à enjeux, ou un doute sur vos fondations ?

Cette formation vous rend autonome. Pour un audit, un cadrage ou un accompagnement sur mesure, l’équipe DJEZYS Digital peut prendre le relais.